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Groupe-pays République de Corée : 'Vers un renforcement des liens entre collectivités territoriales françaises et coréennes', par Lorenzo Kihlgren Grandi

Le 21 septembre dernier, le groupe-pays République de Corée de Cités Unies France s’est réuni à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, dans le cadre des 11e Rencontres de l’Action Internationale des Collectivités Territoriales. L’initiative, organisée par Cités Unies France en partenariat avec l’Association des Gouverneurs de Corée (GAoK), l’Ambassade de Corée en France et le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, a vu la participation des collectivités françaises (en présentiel) et coréennes (en ligne) déjà liées par des accords bilatéraux, aussi bien que celles qui souhaitent en établir.

Les échanges et les contributions des collectivités des deux côtés ont confirmé et renforcé les engagements qui ont produit une impulsion de ces relations au cours des dernières années. Deux éléments émergent comme moteurs de cette dynamique :

-  Les valeurs auxquelles les deux cotés adhèrent pleinement, et qui portent sur le respect de l’environnement, l’innovation, la transition numérique maitrisée et à taille humaine, la coopération et la solidarité internationales ;

-  Les intérêts pour un développement économique durable et résilient, dans sa composante sociale tout comme environnementale, capable de générer croissance et emploi, aussi bien que pour une attractivité et un rayonnement à échelle bilatérale et mondiale.

En support à l’échange sur ces deux plans, on trouve l’admiration pour la culture et les savoir-faire réciproques et la reconnaissance, des deux côtés, des bonnes pratiques des partenaires dans un vaste éventail de sujets, y compris la réponse aux crises. Ainsi, la relation entre collectivités coréennes et françaises montre sa vocation à se développer autour d’une approche coopérative et non concurrentielle, vouée au renforcement mutuel de l’action locale dans tout domaine de compétence (services aux citoyens, mobilité, gestion de l’espace public, ville intelligente, etc.), de l’attractivité internationale du territoire, du dynamisme économique, de l’innovation et de la résilience.

La rencontre a également permis de réfléchir sur les atouts de la coopération entre collectivités coréennes et françaises dans la gestion de l’impact de la Covid-19. Les représentants présents ont exprimé leur volonté de renforcer les liens existant, notamment à travers la coopération dans l’identification de solutions capables de répondre aux défis de court, moyen et long terme générés par les conséquences sanitaires, sociales, fiscales et économiques de la pandémie.

Même face à l’impossibilité de poursuivre une bonne partie des activités de coopération planifiées suite à l’interruption des déplacements, les collectivités partenaires n’ont pas arrêté d’échanger entre elles, et montrent leur ferme volonté de mettre en place une transition des activités vers l’espace virtuel connecté.

Cette forte volonté de coopération reflète précisément le parcours que l’action internationale des collectivités territoriales (AICT) a emprunté, dans le monde entier, suite au déclenchement de la pandémie.
Au moment où les gouvernements nationaux peinaient à activer des réponses à échelle internationale, les villes et les autres collectivités territoriales ont rapidement déployé des mécanismes multiples de coopération. Cette approche se révèle intimement liée à la nature même de l’AICT, qui a montré une fois de plus sa vocation à la représentation à l’international des priorités et des intérêts locaux. À côté de la poursuite de ces derniers, la Covid-19 a mis en lumière la forte dimension solidaire de l’AICT, notamment à travers les dons des masques et matériels sanitaires aux collectivités les plus affectées - une solidarité dont plusieurs territoires français ont bénéficié grâce aux dons de leurs partenaires coréens.

Les liens de solidarité et coopération entre collectivités françaises et coréennes s’alignent également avec une autre dynamique mondiale émergée pendant la pandémie, qui consiste en un renforcement de l’attention portée aux liens bilatéraux. Si ces dernières années de nombreuses collectivités avaient montré une forte prédilection pour l’action dans le cadre de réseaux régionaux et mondiaux, les liens bilatéraux entre collectivités ont confirmé leur résilience et une vocation à s’adapter de façon quasi-immédiate aux évolutions des conditions locales, devenant ainsi des atouts précieux pour une politique en situation d’urgence, notamment à travers des échanges fréquents d’informations aussi bien qu’à travers un appui moral et matériel. A juste titre, l’évolution de ces liens a été présentée, de côté français tout comme coréen, comme un élément de fierté pour les collectivités impliquées.

Au sujet des stratégies de redressement qui se révèleront nécessaires pour faire face aux différentes et complexes conséquences de moyen et long terme de la Covid-19, les collectivités participantes ont montré leur intérêt à se focaliser sur trois voies principales susceptibles d’être rapidement empruntées dans le cadre d’une coopération à distance, en attendant que les activités présentielles soient à nouveaux envisageables :

1) Dynamiques sociales, notamment dans le cadre d’une réflexion conjointe au sujet des services aux populations les plus fragiles et qui ont subi les pires conséquences de la crise, et d’une approche collaborative à la gestion de l’espace public comme lieu de socialisation et de culture, selon les principes de l’urbanisme de proximité ;

2) Environnement et bien-être, notamment dans le cadre de programmes bilatéraux d’appui à l’approche durable de l’alimentation et de l’agriculture urbaine, et d’un renforcement des compétitions sportives à distance, y inclus celles visant enfants et jeunes ;

3) Redressement économique, visant à un soutien croisé des secteurs les plus touchés par la pandémie, tels que le tourisme et la culture, et à la création d’initiatives conjointes capables de capitaliser sur l’innovation et la créativité, notamment dans la perspective d’une ville et d’un territoire intelligents qui placent l’humain à leur centre (hackathons, programmes d’échange pour start-ups).

Les ambitions exprimées par les collectivités françaises et coréennes renforcent ainsi le mandat de CUF et de la GAoK en tant que catalyseurs du renforcement des liens bilatéraux entre collectivités.

Si le futur des relations franco-coréennes semble donc rose, un effort additionnel devra être déployé pour adresser le principal défi structurel qui limite une telle dynamique : la maitrise minimale de la langue anglaise par les services des relations internationales d’une partie des collectivités françaises et coréennes – dans l’idéal de la langue coréenne pour les unes et de la langue française pour les autres. Si la nécessité de recourir à l’interprétariat ne gêne pas lorsque des rencontres officielles et des cérémonies, elle constitue un obstacle majeur dans l’échange et la coopération quotidienne entre les agents des collectivités, y inclus les « stages d’immersion » de fonctionnaires coréens en France et français en Corée. Un véritable renforcement qualitatif et quantitatif des coopérations entre administrations locales appelle donc ces dernières au déploiement d’agents pleinement en mesure d’échanger et travailler en langue anglaise, voire à découvrir réciproquement le coréen et le français.

Pour plus d’informations :

Page des 11e Rencontres de l’Action Internationale des Collectivités Territoriales
Site de la GAoK (en anglais)


Lorenzo KIHLGREN GRANDI est docteur en Études Politiques à l’EHESS de Paris et à la LUISS de Rome et maître de conférences en City Diplomacy à l’Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po – PSIA). Il préside le think-and-do tank « Urban Flag » et le groupe de travail Mondialisation, Territoires et Intégration auprès de l'Association Internationale des Écoles et des Instituts d'Administration (AIEIA). Son expertise s’articule autour des enjeux de la diplomatie des villes et de la coopération multilatérale. A ce titre, il accompagne des nombreux réseaux de villes dans leur stratégie internationale. Il a également appuyé l'internationalisation de la ville de Milan dans le cadre de l’Exposition Universelle de 2015. A la suite de ses contributions théoriques et pratiques, il a été nommé fellow de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies.

Twitter : https://twitter.com/KihlgrenGrandi
LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/lkgdm/




Publié le 13 octobre 2020




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