CONFÉRENCE PLÉNIÈRE 2026

Conférence plénière : « Les collectivités territoriales dans le nouvel ordre mondial »

Les évolutions internationales récentes confirment la remise en cause profonde de l’ordre mondial issu de l’après-Seconde Guerre mondiale. Fondé sur le multilatéralisme, la coopération entre États et la primauté du droit international, cet ordre portait l’ambition d’une paix reposant sur des règles partagées plutôt que sur la loi du plus fort.

Cet équilibre est aujourd’hui fragilisé, entres autres, notamment par la rupture engagée par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump : remise en cause des institutions multilatérales, attaques verbales, économiques et militaires contre des États ou organisations jugés contraires aux intérêts américains, menaces territoriales, interventions extérieures et retrait de nombreux accords internationaux, notamment en matière de climat, de commerce et de désarmement. Cette vision unilatérale et transactionnelle affaiblit durablement les cadres collectifs de régulation. Cette orientation s’est récemment incarnée dans la promotion d’un projet de « Conseil de paix », présenté comme une alternative aux mécanismes multilatéraux existants. Derrière un discours d’efficacité, ce projet vise à court-circuiter l’ONU, à délégitimer ses agences et à substituer au droit international un système de décisions dominé par un nombre restreint de puissances, fondé sur l’alignement aux intérêts américains.

Parallèlement, la Chine de Xi Jinping se présente comme porteuse d’un « nouvel ordre mondial », appuyé sur les Nouvelles routes de la soie, des investissements massifs et la promotion d’institutions financières alternatives. Si ce modèle se revendique plus équilibré et respectueux de la souveraineté, il suscite de fortes interrogations : diplomatie de la dépendance, endettement, asymétries de pouvoir, contrôle stratégique de ressources clés, et marginalisation des droits humains, des libertés fondamentales et des principes démocratiques. Soutenue par d’autres régimes autoritaires, cette vision contribue à affaiblir l’universalité des normes internationales.

Le multilatéralisme se trouve ainsi pris en étau entre un unilatéralisme assumé et des modèles alternatifs qui remettent en cause le droit international. Des logiques que l’on croyait dépassées réapparaissent : colonialisme, appropriation des territoires et des ressources, domination économique et politique. Les discours de haine, le racisme, le sexisme et la xénophobie se banalisent.

Le recours à la guerre (ou la menace du recours à la guerre) redevient un instrument central des relations internationales, accompagnée d’un réarmement massif et du retour de la menace nucléaire. Les conflits liés à l’accès aux ressources — énergie, eau, terres rares — s’imposent comme des risques majeurs. À l’intérieur des sociétés, la militarisation du maintien de l’ordre, la remise en cause des libertés publiques et la stigmatisation de certaines populations accentuent les fractures sociales. Dans le même temps, la lutte contre le dérèglement climatique est reléguée au second plan, voire niée, au profit d’une exploitation accrue des ressources naturelles.

Ces bouleversements profonds interrogent les stratégies en termes d’alliances.

Lors du Forum de Davos, le Canada, par la voix de se son premier ministre, a appelé à une « alliance des puissances moyennes », comme seule option pour construire un avenir collectif souhaitable, ouvrant une voie de réflexion et d’action.

L’Union européenne, à la croisée des chemins, cherche à redéfinir ses forces et ses priorités pour s’adapter à ce contexte de retour aux rapports de force et s’assumer demain comme une puissance souveraine.

La diplomatie française quant à elle, réaffirme son attachement au multilatéralisme, au droit international, à la souveraineté des peuples, à la protection des civils, aux droits humains et à la lutte contre le changement climatique. Elle plaide pour le renforcement et la réforme des institutions internationales afin de les rendre plus représentatives et plus efficaces.

Face à l’affaiblissement des normes communes et à la montée des autoritarismes, les collectivités territoriales apparaissent comme des acteurs essentiels de résistance démocratique et de coopération concrète. Par leurs partenariats, leurs solidarités et leurs actions internationales, elles portent une autre vision des relations internationales, fondée sur la paix, la solidarité et la coopération entre les peuples.

Lors de cette session plénière, nous souhaitons analyser les scénarios en cours, en mesurer les risques et identifier les marges d’action. Les collectivités membres de Cités Unies France réaffirment leur engagement à défendre les valeurs qui fondent leur action internationale et leur refus de se résigner à un monde dominé par la force, l’exclusion et la peur.

President de Session : Michael Delafosse, maire de Montpellier et Montpellier Métropole, président de Cités Unies France

Animateur

Intervenants



Informations pratiques


Horaire : 8 juillet 2026, de 16h30 à 18h30
Salle : Amphi Rochefoucauld
Type : Plénière

Localisation de la salle




Les autres rendez-vous de la session


De 14h00 à 14h30 : Ouverture officielle des Rencontres de l’AICT (salle Amphi Rochefoucauld)

De 11h30 à 12h30 : Plénière de mise à l’honneur d’un pays (salle Salon Neptune & Salon Liancourt)