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FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE (FPHN) 2018

"Mettre en oeuvre l’agenda urbain dans des villes frappées par des désastres ou des guerres"
09-18 juillet 2018, Siège des Nations Unies, New York, ETATS UNIS

Crédits : CUF

Cette session de travail était organisée par l’Alliance globale des crises urbaines. L’Alliance est plateforme multi acteurs, composée de 75 organisations humanitaires et du développement, pilotée par CGLU et UN-HABITAT pour un changement de paradigme dans l’action humanitaire en situations de crise et pour une coordination plus intégrés avec les collectivités territoriales affectées par une crise.

La croissance urbaine rapide et non planifiée ainsi que la croissante fréquence, intensité et durée des stress dus aux crises naturelles et/ou provoquées par l’Homme mais aussi les mouvements des populations (migrations internes ou externes forcés) augmentent les vulnérabilités des populations urbaines notamment celles le plus démunies.
Les crises humanitaires, qui incluent les conflits, deviennent de plus en plus urbaines entrainant des sérieux revers qui sont un frein à la réalisation de l’ODD 11 et des autres ODD que y sont corrélés.

Le forum politique de haut niveau est une opportunité indéniable pour rapprocher et intégrer les perspectives des l’agenda humanitaire et de l’agenda pour le développement. Cette session a permis de lancer une discussion sur comment le nouvel agenda urbain mondial offre des voies pour atteindre les ODD dans des pays en conflit ou frappés par des désastres naturels :
Comment faire en sorte que personne et aucun pays ne soit laissé derrière ? Comment faire en sorte que nos villes et nos sociétés soient davantage résilientes ?

Crédits : CUF

Panel
Modérateur : Filiep Decorte, président of the Global Alliance for Urban Crises Steering Group (UN-Habitat)
Speakers :
• Monsieur Richard Blewitt, représentant de la fédération internationale de la croix rouge (IFRC)
• Madame Janet Askew, présidente de la UK-Built Environment Advisory Group and Présidente of the Royal Town Planning Institute
• Monsieur Mohamed Sefiani, maire de Chefchaouen, Maroc (Cités et gouvernements locaux Unis)
Madame Valérie Dumontet, Vice-Présidente du Département de l’Aude, France (Cités et gouvernements locaux Unis et Cités Unies France)
• Monsieur Bjorn Gillsater, représentant spécial auprès des Nations Unies, Banque Mondiale ;
• Monsieur Chris Williams, directeur du bureau de UN-Habitat à New York Office ;
• Monsieur Roberto Liz, chef de la division SDG Division, ministère de l’Economie du Planning et du développement, République dominicaine

Points de discussion :
• Un des objectifs importants de la GAUC et de la présence de CGLU dans la GAUC est d’aider à comprendre une ville en crise : les ODD et la nouvelle agenda urbaine mondiale sont aussi et surtout pour les villes et les populations qui subissent une crise ;
• Pour comprendre la complexité d’une ville il faut sortir de la logique humanitaire de clusters ;
• Quelques questions clé soulevées par la Croix Rouge Internationale : comment mieux préparer les villes à faire face à des crises ? Comment intervenir dans un milieu urbain complexe ? Comment comprendre et interagir avec les différents acteurs que on retrouve en milieu urbain ?
• Disposer des bonnes informations (data) d’une bonne cartographie et les partager avec les collectivités locales pourrait déjà aider beaucoup à une meilleure réponse lors d’une crise ;
• La Banque mondiale s’engage de plus en plus dans le soutien dans des pays frappés par des crises et notamment quand il s’agit des crises de longue durée comme celle des refugiés. Ces types de crises sont destinés à se produire de plus en plus souvent ;
• La planification urbaine est centrale. Parfois des situations très complexes ont besoin des solutions simples et non des solutions complexes. Une planification intelligente peut aider à prévenir des crises et à les mitiger ;
• Un-Habitat : une question massive comme celle des déplacés pose des questions qui par définition concernent les villes :
• La question de la cohésion sociale : comment intégrer des groupes de population avec une histoire, une culture, une religion totalement différentes des autochtones ?
• La question de la terre est centrale
• Quelle interface mettre en place dans un contexte urbain entre les planificateurs pour le développement des communautés

Intervention de Valérie Dumontet

• L’origine de la plupart des crises dépasse les périmètres d’action des autorités locales. La responsabilité de les résoudre dépend souvent de l’action des Etats ou du niveau international.
• Mais quelles que soient les crises (climatiques, conflits armés, famines) elles impactent avant tout des êtres humains et des territoires, ceux qui ont fui comme ceux qui accueillent.
• Les autorités locales sont alors confrontées alors à une gestion de crise, dans l’urgence mais aussi dans l’anticipation. Car nous sommes au plus près des populations, nous gouvernons des territoires, des espaces urbains et ruraux de toute dimension, des niveaux intermédiaires. Et nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les drames humains ou les conséquences des catastrophes ou le grossissement des villes ajoutant de la précarité, en disant « c’est aux Etats de s’occuper de cela ». Notre rôle de responsable politique d’autorité locale est de rechercher comment rendre ces crises « moins violentes », mais aussi de chercher les voies pour les atténuer ou les éviter, voire de les résoudre à l’échelle de proximité. Bien sûr la question des moyens est cruciale et un atelier a abordé cette question
• Les ODD sont un référentiel utile pour affronter les défis communs et partager les solutions dans la proximité et ce forum est un outil pertinent pour explorer comment travailler à la construction de villes inclusives, c’est à dire l’ODD 11, que l’on ne peut dissocier d’un autre ODD, le 17, le partenariat. Car un des enjeux lorsque l’on parle de crises, c’est de renforcer la capacité des autorités locales à assumer leur rôle de coordination bottom-up et top down, d’associer les populations, de se positionner comme un interlocuteur des ONG, de gérer les urgences tout en continuant les actions de codéveloppement.
• Partager des solutions, échanger entre pairs, rechercher ses propres solutions en s’inspirant de celles des autres, c’est ce que propose une organisation comme CGLU ; CGLU s’engage dans les travaux de l’alliance globale des crises urbaines. Plus particulièrement nous travaillons avec nos partenaires afin de rendre notre Réseau mondial plus opérationnel et lisible afin d’offrir une meilleure synergie entre les autorités locales et les opérateurs de l’aide quand une crise frappe un territoire. Mais aussi nous souhaitons que les CT soient des acteurs engagés dans les orientations des choix qui sont fais par la communauté internationale qui se déploient sur notre territoire en temps des crises. Notamment aujourd’hui que les crises perdurent dans le temps les actions d’urgence ne peuvent pas être dissociées des actions du développement. Et dans cela le rôle des pouvoirs locaux est central.
• Exemples d’actions dans le cadre des actions d’échange / coopération décentralisée ayant pour vocation de venir en aide à nos collectivités partenaires dans le monde, frappées par une crise :
• Liban :
o Action peer to peer développée avec Cités Unies France et soutenue par ECHO dont l’objectif et de soutenir la ville libanaise de Saida à faire face à l’émergence du traitement des déchets solides : la gestion de ce service pour la population de Saida est devenue critique depuis l’installation à Saida des plusieurs centaines de milliers de refugiés syriens.

• Sahel
o Présentation de l’initiative que nous avons engagé le travail engagé au sein de cités unies France avec les collectivités françaises et leurs partenaires du périmètre du G5 Sahel. Adossé aux organisations G5 Sahel et Alliance Sahel, les autorités locales ont engagé une réflexion commune pour agir en codéveloppement et en renforcement de capacités des autorités locales à agir dans leurs spécificités, en concertation avec l’action militaire, diplomatique, humanitaire. Ainsi l’enjeu est de démontrer la pertinence de reconnaitre le rôle des autorités locales mais aussi la nécessité d’adapter alors les instruments d’aide, financière ou d’échanges d’expertises.

En synthèse, il ressort un point clef : la nécessaire évolution des partenariats et des modes de gouvernance locaux. Les Autorités locales et les ONG ont intérêt à trouver des voies d’action concertées. Je suis consciente que c’est subtil et que cela peut heurter certains principes d’action. Et dans certaines circonstances (comme les conflits armés), il faut être vigilant de ne faire ni ingérence, ni parti-pris, des outils comme la coopération décentralisée “à la française” (c’est à dire de pair à pair dans un esprit de renforcement de capacité) peut être une base de travail, en la faisant évoluer en intégrant la co-élaboration avec les ONG en définissant les périmètres d’action (communs, successifs, concomitants dans des champs d’intervention complémentaires) et la dimension pluri-acteurs et participation citoyenne. Également doit être intégrer dans ces coopérations, une dimension de coopérations entre territoires sud-sud.
En agissant ainsi on répond à l’atteinte des ODD 16 (paix gouvernance), 17 (partenariats) et bien sûr le 11, car agir pour des villes et territoires durables est un moyen de limiter la violence des crises ou de les anticiper.


Intervention de Mohamed Sefiani

Lors de la session, l’engagement de CGLU dans les travaux de l’alliance globale des crises urbaines a été rappelé. Plus particulièrement CGLU et sa Task Force pour la prévention et le management territorial des crises, avec tous les membres, travaille à rendre le Réseau mondial plus opérationnel et lisible pour une meilleure synergie entre les collectivités territoriales et les operateurs de l’aide quand une crise frappe un territoire. En particulier CGLU a engagé deux chantiers importants pour 2019 :
1. Établir un protocole avec le secteur humanitaire, qui puisse guider l’engagement entre les collectivités et les acteurs humanitaires, accompagné d'un guide pour aider les collectivités à mieux comprendre le fonctionnement des humanitaires, et les humanitaires à mieux prendre en compte les Collectivités.
2. Rédiger un document politique « policy paper » de CGLU sur le rôle des CT, leurs besoins etc, à adresser aux principaux partenaires de CGLU au plus haut niveau. Document que sera validé par les instances de CGLU et officiellement lors du congrès mondial de CGLU en 2019. Dans ce document il sera défendu, entres autres choses, le fait que lors d’une crise il faut investir pour renforcer les capacités des collectivités territoriales et notamment les plus fragiles. Chaque intervention humanitaire devra prendre en compte concrètement la durabilité du projet et l’enjeu des acteurs locaux, notamment ceux des collectives locales. Il importe de renforcer et d’investir dans l’existant plutôt qu’à chaque fois réinventer.

Auteur : Simoné Giovetti
s.giovetti@cites-unies-france.org

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Consultez également :

- Le résumé de la participation de Cités Unies France au FPHN 2018

- Le journal de bord de la délégation de Cités Unies France.

- Les discussions autour du Hub Local 2030, Action locale pour des engagements globaux
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Pour plus d'information sur la participation de Cités Unies France et d'élus français au FPHN 2018 :
Constance Koukoui
c.koukoui@cites-unies-france.org




Publié le 25 juillet 2018




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